NICE CANNES  2018

 

Mon dernier marathon remonte au 20 novembre 2016 à Valence, en Espagne. Je garde de celui-ci un souvenir très mitigé. D’une part nous avions alors passé un très bon week-end avec Béa, Antho et Yannick profitant du climat local doux et ensoleillé non sans oublier les quelques joies gustatives ibériques mais, d’autre part, un très mauvais souvenir du marathon en lui-même. Marathon sur lequel j’en avais bavé comme jamais auparavant sur cette distance.

Pour preuve je m’étais même « fâché », un tout petit peu, avec la course à pied. Cette année là j’avais fait deux marathons, Valence donc mais aussi Barcelone le 13 mars. Deux prépa et deux courses plus tard j’allais faire un break physique et moral avec mes baskets, ressortir mon bon vieux look 695 pour aller rouler. Plus que je ne l’aurais cru car après quelques sorties je décide de m’inscrire à « l’étape du tour 2017 ». Rebelote, prépa sur six mois, six milles sept cent kilomètres au compteur et une cinquantaine de col gravis afin d’arriver le 16 juillet à Briançon pour un périple de deux cent kilomètres en vélo avec deux cols à plus de deux milles mètres au programme. Ce ne fut pas des plus faciles mais, en somme, que du bonheur !

Après cet intermède « roi de la pédale J » je jongle entre course à pied et vélo jusqu’à la fin de l’année 2017 en mode plaisir et entretien physique. Les événements à venir au niveau travail seront des moins réjouissants et j’avais déjà pris la décision juste après l’été de revenir sur un marathon en fin 2018 anticipant une impossibilité de préparation correcte au printemps pour ces raisons là. Bien m’en a pris !!!

Après beaucoup de recherches et comparaisons je jette mon dévolue sur la date du quatre novembre 2018. Ce sera Nice-Cannes.

Premier critère, grosse manifestation et beaucoup de monde sur la ligne de départ, organisation au top. Second critère, vacances scolaires et donc voyage en famille. Troisième et dernier critère, coin sympathique pour le tourisme et climat normalement clément en novembre. Faut bien penser à tout le monde…

Je passe les six premiers mois de l’année à me « remettre en selle » au niveau course à pied. Je repasse obligatoirement par le schéma hebdomadaire d’un cheminement : sortie frac court, sortie récup, sortie frac long et sortie longue. Y a du boulot. Le 05 avril je participe à un « 10 bornes » que je sors en  41.00 minutes. Suffisant pour me réconforter sur mon travail. Je poursuis, surement un peu trop, dans cette voie et le samedi 23 juin, sous un soleil de plomb, je recours sur cette même distance en 42.04 mais surtout en quasi souffrance du début à la fin de la course. Dès le lendemain je suis en rando en montagne. Stop !!! Fini les semaines frac/récup/frac/long, place à un allègement de l’activité sportive de quinze jours pour aller voir deux concerts sur Bordeaux et Paris. Moralement ça fait du bien !!!  Mais surtout je décide de passer l’été un peu plus tranquillement en réintroduisant le vélo à mes activités, couplé forcement avec de la course à pied sans fractionner. Le tout lié aux sensations du jour et surtout au plaisir d’aller rouler avec des amis ou madame, courir sans se faire mal. Keep cool quoi !

L’été s’égraine ainsi jusque notre départ en famille pour nos vacances, à Mimizan, le 12 Août. A compté du lendemain il reste douze semaines pour arriver au marathon. La période de la préparation finale. Je me remets donc sérieusement en tête mon objectif et redémarre un nouveau cycle jusqu’à la date fatidique. La chose la plus importante à mes yeux est de remonter graduellement en kilométrage pendant un mois et demi. Car vouloir faire quarante deux bornes en courant d’un seul bloc sans en avoir un minima dans les jambes serai aller droit dans le mur ! Déjà qu’avec on a des chances de le rencontrer, alors sans……. On va éviter.

La première semaine se passe bien, 43 kms et rien à signaler. Seconde semaine : à Mimizan tout le monde semble avoir la crève et nous n’y coupons pas. Moi le premier, Béa et Emma en suivant. Bien les vacances à la mer par 28° avec un état grippal ! Conclusion, trois sorties tout de même après être resté cloisonné à l’appartement pendant trois jours. 40 bornes cette semaine là.

Je reprends le travail et un nouvel évènement vient intervenir dans ma prépa. On a diagnostiqué début août, via IRM, une fissure sur le ménisque interne et un kyste sur la rotule du genou droit de Béa. RDV avec un chirurgien (le 28 novembre !), running interdit pour elle. Par contre pour le vélo c’est « open bar », donc achat du dit bicycle et feu, on est parti !

Dorénavant mon « plan marathon » est simple : trois sorties course à pied semaine, forcément plus longues, entrecoupées de deux sorties vélo avec madame. Et c’est avec grand plaisir que je m’y astreins. Partager un moment sportif avec elle, que ce soit la rando, le running ou le vélo m’est toujours agréable –sauf quand elle râle trop, mais bon-.

De la troisième semaine à la huitième tout va pour le mieux. Je borne dans les proportions que je m’étais donné en courant et Béa m’étonne de sortie en sortie en vélo sur son trek. Nous avons ainsi pu faire quelques parcours assez accidentés et même le col des Palomières ! Les sorties initialement pensées aux alentours de quarante-cinquante kilomètres se sont étendues jusqu’à plus de quatre vingt. Nous ne ferons pas moins de 930 kms en deux mois. Chapeau bas miss.

Plus que trois semaines et demie avant le jour J, nous sommes le mardi 09 octobre et je rejoins Emma et Béa à Trélut, depuis Juillan, à l’issue de l’entrainement d’athlétisme de la petite.  Le dimanche j’ai parcouru vint cinq kilomètres et là ce sont dix huit qui me sépare de mes femmes. Seulement  après le troisième kil une douleur aussi subite que vive enflamme le devant externe de mon tibia gauche. Cette douleur ne s’estompe pas, bien au contraire, elle devient insupportable au fur et à mesure des minutes tant et si bien que je dois capituler par trois fois en m’arrêtant sur le bord du chemin avant d’arriver à bon port –ou stade pour la peine-. Mais dans quel état….

Cette soirée, pour moi, sera une longue litanie envers tous les Dieux du stade et d’ailleurs pour qu’il ne s’agisse de rien de trop méchant. La douleur est indicible. Toute la nuit qui s’en est suivie j’ai souffert. Au matin, le tibial antérieur (muscle externe le long du tibia), est toujours douloureux. Même au touché. Je crois connaitre la sentence, pourvue que ce ne soit pas ça ! RDV chez mon médecin qui ne me laisse guère d’espoir : périostite !!!

Ce qui est dingue avec cette pathologie, caractéristique du coureur à pied, c’est qu’en deux jours je ne ressens plus rien. Ni à la maison, ni au travail, ni en marchant et pas même en vélo. Rien de rien, zéro sur une échelle de ressentie de douleur. Par contre dès que je cours ce n’est pas la même histoire. Après une dizaine de minutes la douleur remonte de la malléole (comme pour une entorse de la cheville pour ceux et celles qui connaissent) jusqu’à mi mollet, dans le muscle.

Mon médecin m’enjoint à arrêter de courir en contre balançant avec le vélo et/ou la natation jusqu’au marathon. Ce jour là…. INCHALLAT. Merci, cool… Je reste dubitatif. Il reste encore trois semaines quand même.

Le vendredi, après avoir tergiversé pendant trois jours, je décide de rechausser les baskets. Je pars « derrière » la maison et en tournant en rond sur une boucle de trois kil j’arrive à enquiller quatorze bornes. Doucement et dans la douleur mais ce qui est fait est fait. Le lendemain matin, au réveil, plus rien. Dingue, je vous dis !!! Le dimanche qui suit je fais trois boucle coupées de pauses à  la maison, vingt cinq kil au total ; Donc mes trois dernières semaines mes footing se feront autour de Juillan, sans forcer et à l’écoute constante de mon mollet (tibial).  A la moindre douleur trop importante ou doute, je coupe directement vers l’infirmerie… Mon chez moi. Malgré une « gêne » présente à toutes mes dernières sorties je n’ai pas du couper. Tant mieux.

Les quinze derniers jours on redescend tranquillement en kilométrage, mon corps à du apprécier. A J moins huit je me trouve à Marseille depuis la veille pour assister au traditionnel classico OM-PSG. Je suis fan et je ne vous parle pas d’Emma… Une vraie fada au Vélodrome !!! Donc faut savoir faire plaisir aux siens (et à soi). Mille deux cent bornes en trois jours en voiture A/R avant de repartir pour Nice deux jours après. Quoi de mieux pour se poser avant l’échéance ?! Mais je le veux bien, depuis mon inscription je ne vise pas de chrono, de part la topographie du marathon et surtout depuis la blessure. Donc dix minutes de plus ou pas…. En l’état actuel des choses, je serai déjà bien heureux de le terminer celui là! Dernier footing de onze bornes le long des plages du Prado et  le Parc Borély. Ceci sous un doux soleil et que l’on pourrait aisément qualifier de « printanier ». Au matin du match ce bel ensemble me redonne la pêche. Haaaaaaa, on est bien là !!!! Je passe sur le résultat du match… on ne retiendra que l’ambiance, encore une fois extraordinaire.

Retour à la casa, deux footing de quarante minutes et hop on est reparti pour Nice. Arrivé en début de soirée le jeudi 01 novembre. Pause des valises et première petite visite de la ville jusqu’au village marathon à la Place Massena. Je récupère mon dossard, n°1458, SAS 3h30 (là je rêve !!!), un resto et dodo. Total plus de quatre bornes en marchant. Vendredi nouvelle visite de la ville et ses commerces !!! –ma fille était aux anges-, la promenade des Anglais, rues piétonnes etc. etc. 9 kilomètres de plus en marchant. Samedi direction Monaco, la vielle ville, le palais etc. etc… 5 kil.

Dimanche JOUR J. J’adore l’ambiance particulière qui émane au matin de ces compétitions. Des milliers de personnes qui convergent toutes vers le même point. Ce que l’un de mes groupes rock préférés aurait pu nommer l’ « highway to hell » !  Visages joyeux, visages moribonds, visages anxieux, visages passifs, accompagnateurs  aux mêmes traits… Une petite heure en dehors du temps, ou seul compte le devenir à H plus trois, quatre heures voir plus. Rendez vous à l’arrivée, si tout va bien !!!!

8h00 : le départ est donné, délivrance pour quelques milliers de coureurs. Ce coup de feu pour pouvoir enfin concrétiser des mois de travail. La on y est, plus possible de faire machine arrière. Je prends un rythme « zen » aux alentours de cent cinquante puls. Les dix premiers kil sont avalés, on est sorti de Nice. Rien de tout plat mais le parcours est beau. Rien à signaler. Gêne présente sur mon tibial G mais si ca ne s’empire pas plus c’est cool.

Au vingtième ma petite famille composée de ma mère, Béa et Emma m’attend sur le bord de la route. Une tape dans la main pour signaler que tout est ok et ça continue. On attaque le Cap d’Antibes, depuis le départ on est sur le littoral. Un vent de fou mais paysages encore une fois somptueux.

Au trentième on a passé la plus grosse difficulté et maintenant on « redescend » vers Cannes. Toujours en bord de mer. Un ravitaillement solide tous les cinq kilomètres et liquide tous les deux et demi. Super organisation avec pas mal d’animation sur le bord de la route et pas mal de spectateurs aussi (environ 50000). On ne s’ennuie nullement sur ce marathon. Les jambes sont lourdes, je suis courbaturé mais… m’en fou. Ca va, j’avance. A mon rythme mais j’avance sans que mon mollet m’empêche de courir. Je suis heureux.

Au quarantième nous avons passé une énième difficulté et j’ai les quadri  « en feu ». Une dernière descente assez abrupte de quelques centaines de mètres les a mis aux supplices, il reste deux kil et je profite. Putain je vais finir mon marathon sur la Croisette, pas mal quand même. Je ne vais pas y revenir de si vite, je profite !!!!

500 mètres, il reste 500 mètres. C’est une longue haie d’honneur depuis le dernier kilomètre. Les gens hurlent, vous encouragent, vous congratules, vous poussent…. Un brin de folie ça fait du bien, aussi, de temps en temps.

42.195 kms après, La Croisette. FINISHER ! Et voilà après 3h47.22 je viens de terminer mon septième marathon. Mes femmes sont là pour m’accueillir. Juste après la ligne, derrière les barrières. Les sourires sont de mises, on fait le point pendant quelques minutes et on se retrouve le long de la Riviera. Petite séance photo devant LE palmier, l’emblème de cette course et hop illico, un saut sur la plage, les jambes dans l’eau pendant dix minutes. Récup.

Retour sur Nice, fin d’après midi tranquille avant une boooonne pizza et repos repos.

Nice lundi 05 novembre, 10h30. Plus de vingt degrés et le soleil. Pas trop pressé de rentrer. Dernière visite de la vielle ville et du château de Nice (nb : panorama sur la ville et les environs majestueux ! A faire, à voir.)

12h45 départ, retour sur Juillan parc’qu’à m’en donné y faut bien rentrer !!!!!

Voilà à J plus deux et à chaud un petit résumé de cette petite aventure. J’en ressors réconcilié avec la course à pied et ces aléas de pépins physiques bien qu’il faille, j’en suis conscient,  temporairement lever le pied (c’est antinomique ça, non ?!). J’ai pris un énorme plaisir à faire ce marathon et j’espère vous l’avoir un tout petit peu fait ressentir.  Rendez vous en 2019, peut être pourrons nous croquer la pomme ensemble lors de mon prochain CR… Mais rien n’est moins sur.

Caza.

 

 

Nb : encore une fois MERCI à Béa, Emma et à ma maman pour ce beau voyage. Et comme le disait si bien Joachim : Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage…

~Anima Sana In Corpore Sano~