MARATHON de BELVES 16/04/16

Bonne lecture et peut-être même bonne écoute (ou pas). 
Novembre 2013 : des douleurs récurrentes au dos m’obligent à arrêter le foot et c’est parti pour plus de 6 mois de galère sans pouvoir courir ne serait-ce que 100 mètres. En juin 2014, après deux infiltrations, j’arrive tant bien que mal à faire un premier footing de 4 km en une demi-heure, avec des courbatures en prime. Le chemin a donc été long pour arriver à courir ce premier marathon.  Mais l’idée a fait son chemin, petit à petit, au gré des progrès et des expériences des autres runners : d’abord un premier semi en novembre 2014, une parenthèse de janvier à juin 2015 pour conclure une carrière de footeux sur une bonne note et pas sur une blessure, un deuxième puis un troisième semi en 2015 et l’objectif est lancé pour 2016.
D’abord, une prépa sérieuse de 12 semaines avec 630 kilomètres au compteur, dans des conditions parfois dantesques. La motivation est là, même dans les séances les dures. Je me demande quand même parfois ou j’ai été péché ce foutu programme et quel est l’abruti qui l’a mis au point. Bon an, mal an, j’y arrive plus ou moins  (plutôt moins quand les séances à réaliser sont trop ambitieuses pour mes modestes capacités).
Enfin, la dernière semaine avec des sorties tranquilles que je savoure avant d’en découdre le jour J. Départ pour la Dordogne vendredi soir, direction chez « Tonton René » (l’oncle de Sylvie) avec la « Sko family » qui va s’élancer sur le 100 bornes. Un bon petit repas pendant lequel je résiste à toute tentation : ça fait un mois que je ne me suis pas enfilé une petite binouze, ce n’est pas pour craquer la veille. Les temps ont bien changé !!!
Samedi matin, départ pour Belvès avec Philou, Benji et Sam. Ils partent à 8 heures pour leur long périple. Les premiers du 100km partent comme s’ils allaient faire un 10 bornes. Philou et Benji semblent bien gérer leur allure, quant à moi, il me reste une heure à tuer avant le grand départ. J’en profite pour m’isoler et écouter un peu de « zique », histoire de pas trop cogiter. Je vous fais partager la playlist qui s’avère presque prémonitoire. Attention les esgourdes, ça dépote un peu.
 
Kilomètre 0 à 25 : AC DC, Let There be rock (Que le rock soit)
Et rock n’roll, ça promet de l’être. Malgré tout, je prends un départ qui me semble tranquille, sans trop puiser dans les réserves. Je fais bien attention à m’alimenter et m’hydrater régulièrement. Je n’ai surtout pas envie de revivre le dernier Lourdes-Tarbes où j’avais dû m’arrêter deux fois, perclus de crampes.
 
Kilomètre 25 à 33 : Metallica, Fuel (gimme fuel, gimme fire, gimme that which I desire ; donne moi du fuel, donne moi du feu, donne moi ce que je désire)
Et du carburant, je commence à en avoir bien besoin. Les cuisses se font de plus en plus dures alors je ralentis un peu le rythme. Je croise Sandrine et les filles sur le bord de la route par deux fois ce qui rebooste mon moral. Mais l’évidence est là, les dix derniers kilomètres vont être terribles.
 
Kilomètre 33 à 42,195 : Guns n’ Roses, Right next door to hell (prochaine porte pour l’enfer)
Et cette porte pour l’enfer, je viens de la franchir. Je suis quasiment seul sur de longues lignes droites de la campagne périgourdine. C’est vraiment dur physiquement comme mentalement. Les cuisses sont maintenant comme du bois, sur les foulées un peu trop appuyées, les crampes au mollet pointent le bout de leur nez. Je ne dépasse plus les 10km/h. Je suis d’autant plus admiratif de Sandrine qui a aussi couru son premier marathon le week-end dernier à Bordeaux. Elle a bouclé les dix derniers kilomètres sans sourciller, malgré la difficulté. Alors je m’accroche, je m’interdis de marcher (sauf dans les deux derniers ravitaillements) même dans la dernière difficulté de l’épreuve : cette satanée montée vers Belvès. Beaucoup n’ont plus la force de la monter en courant, un lâche même un bel escoupit entre deux voitures garées sur le bord. Au prix d’un dernier effort, je franchis enfin la ligne d’arrivée en 3h51.
 
Arrivée : System of a down, Needles (aiguilles)
Des aiguilles. Ce ne peut être que ça qu’un plaisantin s’est amusé à me planter dans les jambes tellement elles me font mal. Malgré la douleur, je suis … Je ne sais pas ce que je suis : fier, soulagé, déçu, heureux, vidé, je suis tout ça à la fois. Je rejoins les filles. La pression retombe, une autre, bien méritée celle-là, arrive dans mon gosier sec.
La journée se poursuit avec la déception de Benji (ce n’est que partie remise) et l’exploit de notre vieux druide Philou qui fait relativiser nos performances de marathoniens : 13 heures de course !!! Quelle volonté ! Quelle endurance ! Quel mental !
Au final, c’est un week-end qui comptera, pas seulement pour avoir bouclé mon premier marathon mais aussi pour tous ces moments partagés entre amis et en famille : la souffrance physique et morale, les repas arrosés d’un Pécharmant (avec modération bien sûr), la convivialité d’une visite touristique dominicale … Maintenant place au repos avant de se lancer dans un nouveau défi.
A plus. Dany.
 
Dany au 33ème kilomètre....
Dany au 33ème kilomètre....

~Anima Sana In Corpore Sano~