Parce que chaque marathon est différent et que c'est une aventure nouvelle qui débute....


Paris, les Champs Elisées 7h00 en ce matin du 12 avril 2015. Je débarque du métro face à l'Arc de Triomphe. Avec ma petite famille et des milliers d'autres coureurs nous investissons petit à petit la plus belle avenue du monde, coupée à la circulation pour l'occasion. Ce n'est déjà pas si commun que de pouvoir déambuler là sans aucunes restrictions, il est 7h15 Paris s'éveille.... 

Ce matin il a fallu se lever à 6h00, dur après une semaine de congés sur la capitale ou le réveil se faisait plutôt aux alentours de 9h30-10h00. Nous en avons bien profité, les visites et les balades se sont enchaînées tous les jours. Montmartre, La Défense, Montparnasse, le quartier Latin, le Marais, les jardins du Luxembourg, des Tuilleries, des Plantes avec son Muséum et son zoo, la Porte de Versailles (ou se trouvait le salon du running, lieu ou l'on retire son dossard -25000m2 et 200 exposants quand même-), les Champs bien sur et même Pigalle. Sans oublier le métro Parisien qui est déjà presque "la jungle" pour nous pauvres provinciaux!

Ah oui un détail, rien n'est tout à fait plat ici. On monte on descend, on remonte , on redescend toute la sainte journée. A la fin, et même avant, ça use un peu!!!

Mais bon on l'a voulu non?!   

Il est maintenant temps de commencer à penser sérieusement à sa course. Y a quand même 42,200km à parcourir en traversant Paris d'Est en Ouest et vice versa. Mais qu'est-ce que je fous là?!

En fait je m'étais promis de refaire ce marathon "un jour". En 2012 je l'avais déjà fait et c'était mon tout premier. J'avais terminé en 4h22 complètement usé physiquement et psychologiquement. Je n'avais jamais vécu pareille expérience en sport. Il m'aura fallu près de deux mois pour m'en remettre (du moins pour recommencer à courir en compèt).

Par contre moi qui était parti pour n'en faire qu'un, c'était le challenge à réaliser avant mes 40 ans, le virus était pris. J'en courrai d'autres et celui ci je le referai "pour le plaisir" tellement le parcours est magnifique. Je me l'étais promis!

Entre temps j'ai donc fait Londres en 2013 en 3h48 et Berlin en septembre 2014, il y a sept mois, en 3h34. Ayant profité de ma prépa pour Berlin justement et voyant de nettes améliorations dans mes chronos avant même de courir ce dernier ou je visais 3h30, je décide de me réengageais pour Paris  et y vise, si tout va bien, 3h22-25. Mais ça c'était début du mois de septembre 2014 et sur le papier...

 

J'en profite pour retrouver mon pote Bruno (au centre sur la photo) avec qui j'avais fait Berlin (enfin lui loin devant moi!) et son ami Julien qui vient courir son premier marathon et avec qui nous devrions participer le 04 juillet prochain à la Kilian's Classic à Font Romeu.

Le temps d'enfiler nos tenues de course il est 8h20. Eux en tee-shirt direct et moi sachant qu'il faut encore attendre "un peu" avant le départ je préfère garder une vieille polaire. Ah les gars du sud, ils sont frileux!!!!


Nous sommes tous trois dans le sas "3h15" et il est maintenant temps de s'y enfoncer. Il va falloir fendre la foule qui est dense. 54000 dossards de vendus et au final plus de 41300 personnes qui prendront le départ. Une dernière bise à "maman" et Emma et voilà, l'ambiance monte, les sonos sont à fond. Il est grand temps de lancer tous les runners à l’assaut du bitume. 8h45 les élites partent, 8h47 c'est à notre tour.  

Dès la ligne franchie je perds Bruno et Julien qui visent entre 3h15 et 3h20. Je prends mon rythme, surtout ne pas s’enflammer. Vitesse de croisière entre 10.5 et 11km/h et puls entre 145-150. Pas plus sinon je n'irai pas à l'arrivée. Voilà mes ambitions nettement revues à la baisse! En fait je me suis blessé mi janvier à un adducteur et j'ai traîné ça plus d'un mois. Conclusion j'ai couru 62 km en février et 159 en mars. Toute ma prépa de foutue en l'air. Déjà depuis décembre plus question d'un chrono car je compte "doubler" le marathon de Paris le 12 avril et le trail La Kilian's Classic le 04 juillet. Donc deux courses à plus de quarante bornes en deux mois et demi sans compter le déniv pour la seconde. Pour moi ça reste un gros défi. Là il était juste cas de faire une bonne prépa et prendre du plaisir pour cette échéance. Manqué! J'ai même pensé très sérieusement déclarer forfait, mais je ne m'y suis pas résolu.

Mon plan de course est simple. Faire le premier semi tranquille, voir ou je me situe au 30ème et finir.... finir on verra bien.

Mon fan-club me suit, via le métro, et nous nous sommes donné rendez vous au 12ème kilomètre devant le château de Vincennes. Autant allier le plaisir à l'utile. Je scrute le public et aperçois Béa et Emma. Un petit geste de la main et je mets le cligno à gauche pour ma seconde halte, après une pose pipi, de la matinée. Quelques mots échangés, une bise aux deux femmes de ma vie et je me relance dans la foule des coureurs sous la stupeur de ma fille. "Mais papa, pourquoi tu t'arrêtes?!" T’inquiètes j'y repars....   

A partir du 23ème kilomètre des douleurs aux quadris commencent à apparaître. Je garde mon allure tout en me disant d'en garder un peu sous la pédale car on va attaquer la partie "toboggan" entre le 25 et le 30ème kilomètre. J'arrive finalement au mur, le fameux "kilomètre 30". Je retrouve Emma et Béa et refais avec elles une nouvelle halte un peu plus prolongée. Quelques étirements des jambes, un changement d'eau dans le bidon et toujours une bise avant de se redonner rendez vous à l'arrivée. Car maintenant c'est certain, je vais finir! En fait pour être certain, il vaut mieux ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuer. Les cinq kilomètres qui ont suivies ont étaient une longue traversée du désert. La douleur aux quadris n'a fait que s'intensifier pour finalement s'imposer sur toute la chaîne musculaire des cuisses. Et voilà à quoi sert la fameuse prépa, éviter, si possible, ce genre de déconvenue. La route est en faux plat montant la plupart du temps, du moins il me semble, je commence à ne plus être trop lucide. Les puls s'accélèrent et le ma vitesse à tendance à tomber. Je ne vois pas arriver le 35ème kilomètre.


35... enfin! Allez plus que sept!!! Je le fais en footing de récup normalement ça! Allez plus que sept....

36... 37... 38... 39... Putain c'est interminable. J'ai déconnecté le cerveau depuis un petit moment déjà. Mes jambes ne sont plus que douleurs. Avance, ne t'arrête pas, avance. Mètre après mètre, allez, ça va le faire... Après des moments pareils tu peux te dire: "je sais qui je suis et je sais ce que je vaux!"

Ça y est j'entrevoie le panneau du 40ème kilo. Plus que deux, putain, plus que deux! Insidieusement j'accélère, un peu, pour en finir. Pas une question de chrono, ,non, juste en finir. Il est 13h et entre les douleurs, la chaleur et la promesse d'un relâchement total après presque 4h00 de course à pied j'accélère... un peu, dans la mesure du possible mais j'accélère. Vivement que ça se termine.

41... 42 dernier rond point et les derniers deux cent mètres. Un concurrent gis à l'entrée de cette dernière ligne droite. Il est allongé les yeux révulsés entre trois secouristes, contre les barrières. 200 mètres, il lui aura manqué 200 mètres. J'ai vu les premiers gars marcher au semi, les premiers s'étirer au 25 et les premiers sur le bas côté après 30. Avec et sans perfusion, ça calme.

 

42km200. FINISHER

Et de quatre, après 4h06.34 de course j'ai clôturer mon quatrième marathon.

Le calme, je m'appuie rapidement sur une barrière afin de vérifier qu'une fois que je vais m’arrêter de courir je ne vais pas m’effondrer. Non ça tient, pas de malaise. C'est déjà ça. D'un seul coup quasiment toutes les douleurs disparaissent. Je reprends lentement "mon souffle" en marchant. L'organisation est impec, passage par le stand tee-shirt finisher, coupe vent, la médaille et le ravito. On peut même aller voir kiné, ostéo ou podologue. Moi je tire tout droit... Mais traaaaanquille hé! On est pas pressé.

Nous nous retrouvons en famille et  j'en profite pour dédier cette "petite aventure" à ma fille pour son onzième anniversaire qui se profile. Celui là, il est pour toi ma petite Emma.

Nous trouvons une pelouse accueillante pour se changer et se ravitailler un peu plus. Le temps s'écoule, lentement. Dieu qu'il est bon de prendre son temps...

J'ai rapidement des nouvelles de mes deux compagnons du matin qui en ont terminé en 3h24 pour Julien (1er marathon BRAVO) et 3h38 pour Bruno.

Au programme pour la suite de la journée, un bon Mc Do avec une bière et un bon bain chaud. Mais il faut rentrer à l'appart et encore prendre ce satané métro et toutes ses marches. Aie, j'ai mal rien que d'y penser.


Voilà, ça c'est fait!!!!

Ma conclusion pour ce marathon, et je terminerai là dessus est:

                                         ~ PAS DE PREPA, PAS DE RESULTAT!!!!!~

La médaille "finisher".
La médaille "finisher".

~Anima Sana In Corpore Sano~