Marathon de Barcelone – 13/03/2016

 

 

Voici un compte-rendu de notre marathon.

 

 

L’aventure du marathon a débuté un soir de Septembre 2015 lors de l’Assemblée Générale du JRC, à laquelle j’ai été gentiment convié par Patrice (précision : je n’étais pas encore adhérent au club). Lors de cette réunion, il est décidé que la destination du marathon 2016, sera Barcelone, ville connue pour son club de foot mais aussi pour ses ramblas, ses monuments et ses tapas….mais on reviendra sur cette spécialité culinaire un peu plus tard.

 

Quelques personnes semblent intéressées par le projet alors que pour moi, courir un marathon c’est du domaine de l’imaginaire, je n’ai même pas encore couru un 10 km !

 

En attendant, je décide de prendre ma licence au JRC car l’état d’esprit est sympa et les adhérents sont surtout là pour partager des moments de convivialité. Les performances, même si elles sont recherchées, ne sont pas la priorité absolue. Du coup, je commence à participer à quelques courses locales (la 1ère étant la caminade d’Odos, puis les 10 bornes de Juillan…). Patrice est là pour me donner des conseils, car pour moi l’univers du running est totalement nouveau. Ensuite, je décide de passer à l’échelon supérieur, en participant avec les copains du club, au semi-marathon Lourdes-Tarbes.

 

Le semi se passe plutôt bien mais ma 1ère pensée à l’arrivée est de me dire ceci : « et dire que pour un marathon, il faudrait repartir pour 21 km, non merci ». Là, je suis certain que j’ai atteint mes limites en terme de distance et que je n’irais pas au-delà. D’ailleurs, je suis conforté dans cette idée par le temps que je mettrais à récupérer dans les jours qui suivront le semi. Aïe aïe les douleurs aux cuisses ! Je n’ose même pas imaginer ce que peut ressentir un marathonien après 42, 195 km.

 

Les sorties avec les copains s’enchaînent au fil des semaines au cours desquelles, le marathon est évoqué de temps en temps. Et puis, suite à plusieurs tentatives de Patrice de m’embarquer dans l’aventure, l’idée commence à germer.

A force de conviction de la part de Patrice, qui ferait d’ailleurs un très bon commercial pour vendre cette distance (message à l’attention d’ASO : si vous chercher un promoteur pour vos marathons, je vous conseille de prendre contact avec notre président, il saura promouvoir vos épreuves), je prends ma décision : je me lance dans le grand bain. J’espère que je ne le regretterai pas…

 

 

5/01/2016 : 1ère sortie dans le cadre de la préparation marathon, avec Patrice, puisque nous serons 2 en Catalogne pour représenter le JRC. Et nous sommes partis pour 4 sorties par semaine. Totale découverte pour moi : fractionné, course au seuil…

 

Les premières sorties se passent plutôt bien et j’arrive à digérer les séances. Le programme a été établi de la manière suivante : le mardi nous effectuons du fractionné (j’adore !), le jeudi est réservé à la course au seuil, le vendredi correspond à une petite séance d’endurance et le dimanche matin, nous terminons la semaine par une sortie longue.

           

Nous enchaînons les sorties, malgré une météo pas toujours clémente mais en même temps en plein mois de Janvier et Février, il est difficile d’espérer avoir beau temps sur une préparation de 10 semaines. Maintenant, rien de plus motivant que de préparer cet évènement et ce n’est pas une pluie fine où des températures un peu fraîches qui nous arrêteront.

 

La bonne nouvelle c’est que j’arrive à digérer les km qui s’accumulent au fil du temps. A fin janvier, nous en sommes à 212 km. En toute sincérité, j’étais loin de penser en prenant ma licence au JRC en Octobre 2015, que je serais amené à courir autant de km sur un mois. Mais prépa oblige, il faut bien avaler les « bornes » si on veut arriver à finir un marathon sans trop de séquelles physiques. Tout au long de la préparation, Patrice adapte les sorties en fonction des thématiques à travailler. Heureusement qu’il est là pour gérer le plan d’entraînement car sans lui, je n’aurais pas fait autant de spécifique et naïvement, je serais plus parti sur de l’endurance en augmentant progressivement les distances.

 

Nous attaquons le mois de Février avec toujours un rythme de 4 séances par semaine mais dont le contenu augmente progressivement. Le kilométrage continue de s’accumuler et les doutes s’installent aussi, notamment au niveau du corps. En effet, ce dernier me rappelle qu’il n’est pas habitué à un rythme aussi soutenu, sachant que la course à pied est quand même par nature traumatisante. Du coup, les premières douleurs s’installent : tendinite puis périostite. Visite chez le médecin puis les séances chez le kinésithérapeute s’enchaînent. J’en profite également pour apprendre à soigner ces douleurs et à gérer l’effort. Au moins sur ce plan-là, la préparation ne sera pas vaine.

 

Je ne vais pas trop me plaindre non plus, car pour Patrice, c’est la grippe qui va le rattraper. Immobilisé pendant une semaine, on a connu mieux en terme de prépa. Mais il s’en remettra assez vite.

 

Autre surprise courant Février : je dois urgemment changer ma paire de running car le mesh sur le dessus des orteils se déchire progressivement. Difficile de changer de modèle à un mois du marathon, mais je dois m’y résoudre. Par chance, je m’adapterai facilement à une nouvelle paire et ce, sans aucune difficulté ni conséquence physique.

 

La 8ème semaine de préparation nous fait atteindre le « pic » de la prépa. En effet, après les 2x3000 au seuil le Mardi, nous réalisons notre sortie la plus longue le Dimanche 28 Février avec 27 km. Ce jour-là, ce n’est pas tant la distance qui nous gêne mais plus le mauvais temps. En effet, nous nous coltinons 2h30 de sortie sous la pluie et j’en ressors frigorifié. A fin Février, nous avons parcouru 210 km.

 

Enfin, le plus « gros » de la préparation est effectué et pour les 2 dernières semaines, nous allons diminuer les charges d’entraînement. Pure coïncidence ou pas, je ressens de moins en moins de douleurs musculaires. Plutôt rassuré, car j’appréhendais d’arriver sur le marathon en n’étant pas au top de ma forme.

 

L’échéance approche à grands pas. Côté logistique concernant notre voyage et après quelques frayeurs, nous réussissons à trouver un vol pour la capitale de la Catalogne. Patrice nous ayant trouvé un hôtel à proximité des lignes de départ et d’arrivée (emplacement idéalement situé géographiquement), il ne nous reste plus qu’à préparer notre voyage. Entre-temps, nous avons reçu notre numéro de dossard, cela devient vraiment concret.

 

 

Demain on part de là....
Demain on part de là....

Vendredi 11 Mars, nous prenons la route pour Bordeaux avec Béatrice et Patrice pour rejoindre l’aéroport de Bordeaux Mérignac. Après une heure de vol, nous voici débarquant à Barcelone. La pression commence à s’installer gentiment, puisque nous passons à côté de l’endroit même où sera donné le départ le Dimanche 13 Mars.

En attendant, nous en profitons pour bien nous installer et dès le lendemain, direction la foire expo pour récupérer notre dossard et visiter le salon du running. Une ambiance des plus sympa qui se clôturera par la pasta party le Samedi après-midi.

 

Après une visite du parc Güell, nous passons la soirée dans un restaurant en mangeant… forcément un bon plat de pâtes.

 

 

 

 

Le hall du retrait des dossards et l'entrée du running expo....

 

 

 

.... 60000 personnes en 2015 et combien cette année.....

... On sait pas, mais certainement BEAUCOUP de monde!
... On sait pas, mais certainement BEAUCOUP de monde!

Contrairement à ce que je craignais, la nuit précédant le marathon se passe plutôt bien. De toute façon , je n’ai rien à perdre. Je me suis fixé comme objectif de finir ce 1er marathon et si possible dans un délai de 3h30.

 

Dimanche 13 Mars : nous nous préparons puis prenons le petit-déjeuner (excellent ce gatosport !) pour ensuite, rejoindre la ligne de départ. La météo est très clémente car après des conditions météorologiques vraiment défavorables durant la préparation, ici nous avons un très beau ciel bleu avec un soleil magnifique qui va nous accompagner tout au long de la course. 

Le long cortège des runners se rendant aux sas de départ.
Le long cortège des runners se rendant aux sas de départ.

Je prends réellement conscience de l’ampleur de l’évènement lorsque j’arrive sur le lieu du départ. Une foule de runners est en train de se préparer et là, le stress me rattrape. Après les dernières recommandations d’usage données par Patrice et quelques photos prises par Béa, on se souhaite bonne course et rejoignons notre sas de départ. Je n’en mène pas large quand même. Comment va se passer la course ? Vais-je arriver jusqu’au bout ? Sans problème physique ? Beaucoup de questions auxquelles au moment de prendre le départ, je ne sais pas répondre.

 

 

On est chaud là, en apparence seulement!
On est chaud là, en apparence seulement!

 

En attendant, j’essaye de ne pas trop me gâcher la fête car le départ est grandiose : décompte, musique d’ambiance, confettis, de nombreux spectateurs venus nous encourager dès 8h30 sur la ligne de départ…Bref, un véritable show est en train de se mettre en place, alors pas question pour moi de ne pas profiter pleinement de ces instants. Ce sera peut-être mon seul et unique marathon, autant vivre l’instant présent. 

8h30 : le départ est donné mais étant donné le nombre de participants, nous ne franchissons la ligne de départ que plus de 7 à 8 minutes après les premiers partants. Et c’est parti pour 42,195 km ! 

Nous prenons notre rythme avec Patrice tout en essayant de profiter. Ca y est, après 2 mois de préparation nous sommes dans l’aboutissement de notre projet.

Nous parcourons les premiers kilomètres ensemble puis ensuite, chacun prend son rythme de croisière. Nous passons à coté du Camp Nou. Les kilomètres s’enchaînent et étant déjà dans la course, pour un peu j’en oublie de voir la Sagrada Familia entre le 16ème et le 17ème kilomètre. La fatigue commence aussi à s’installer tout doucement. J’essaye par contre d’anticiper d’éventuelles crampes, en profitant des ravitaillements disponibles tous les 2,5 km.

 

Le parcours est sympa et surtout l’ambiance est au RDV. Patrice m’avait déjà parlé de son expérience marathon mais tant qu’on ne l’a pas vécu de l’intérieur c’est difficile de comprendre réellement ce qu’il en est. Là, je suis en plein dedans et même si la fatigue physique s’installe de manière insidieuse, je vis l’évènement pleinement. Pour ceux et celles qui ont déjà eu l’occasion de voir une étape du Tour de France en montagne, c’est quasiment la même chose. Des spectateurs tout au long du parcours, qui à certains endroits s’écartent au dernier moment pour vous laisser passer, des encouragements « personnalisés » (en même temps nous avons notre prénom sur notre dossard, délicate attention de la part des organisateurs), de la musique à certains secteurs de la course, vraiment cela donne des frissons. Il faut le vivre pour comprendre ce qu’on peut ressentir.

VENGA,VENGA!!!!!!!!!!!!!!!!!
VENGA,VENGA!!!!!!!!!!!!!!!!!

Mais retour à la course…Nous atteignons la mi-course sur la voie Meridiana (rien à voir avec « La Méridienne » et ses 10 km). Pour le moment, j’arrive à maintenir le cap mais la course n’est pas finie et puis, j’ai surtout en tête ce que Patrice m’a rappelé, le  «fameux mur » des 30 km. En attendant, pour avancer et me motiver, je me projette par tranche de 5 km en 5 km. Du coup, je me dis qu’en tronçonnant le parcours, je pourrais mieux le « digérer » mais c’est plus psychologique qu’autre chose.

Nous avançons dans la course et nous atteignons l’avenue Diagonal que l’on doit parcourir sur un aller-retour (au total 5 km) avec en point de mire la Torre Agbar. Surtout, nous allons aborder le « mur » des 30 bornes. Nous y sommes : ma montre le confirme, la barrière des 30 km est franchie. Je ne suis pas très frais mais les 30 km sont passés et je n’ai pas le fameux coup de bambou. Le 31ème km est franchi et toujours aussi optimiste, je file vers le 32ème. 32ème et là, je comprends mieux ce qu’est le « mur » sur un marathon. Je me le prends de plein fouet et moralement, je me dis qu’il en reste 10 à faire et que ça va être très très dur !

 

Physiquement, j’accuse le coup et c’est le mental qui va prendre le relais. Du coup, pour continuer à avancer, je décide de me projeter km par km et de gérer ainsi comme je peux, ma fin de course. Mais ce n’est pas gagné…D’un autre côté, je me dis que je n’ai pas fait tout cela pour abandonner si proche du but.

L'aire d'arrivée...
L'aire d'arrivée...

Nous abordons maintenant le front de mer puis remontons vers l’Arc de Triomf. La foule est toujours aussi présente et au 37ème km j’entends une voix qui m’est familière, c’est Béa qui est là pour nous encourager. Merci Béa pour ton soutien mais celui-ci ne sera qu’éphémère car il me reste encore 5 longs km et si la course se durcit, les jambes aussi.

 

 

En arrivant au 40ème km, je prends  un gros coup au moral en levant la tête : 2 km de ligne droite en léger faux plat montant avant de tourner à gauche pour rejoindre et franchir la ligne d’arrivée. Je pioche dans les dernières réserves qu’il me reste pour finir et profite à fond des derniers mètres pour apprécier ce moment tant attendu : terminer mon 1er marathon. La ligne franchie, toutes les émotions remontent. Je suis fatigué mais aussi content d’avoir atteint mon objectif. On me remets la fameuse médaille et surtout je suis FINISHER du marathon de Barcelone. 

 

 

A l’arrivée, on se retrouve avec Patrice pour partager ces moments inoubliables. Par contre, mon corps me rappelle à l’ordre : en effet quand je décide de m’asseoir, il m’est impossible de le faire car j’ai des douleurs dans les cuisses. Mais ce n’est pas cela qui va gâcher mon plaisir. Nous sortons de l’enceinte de l’arrivée, retrouvons Béa (à la fois notre supportrice, notre reporter photo et masseuse attitrée de Patrice) et s’installons sur une pelouse. Que c’est bon de profiter de l’instant présent avec Patrice et Béa et quelle satisfaction personnelle d’avoir couru et terminé un marathon. Et dire qu’il y a 7 mois de cela, j’étais loin de penser vivre de telles émotions.

 

 

"Salut Emma... J'ai survécu. Papa."
"Salut Emma... J'ai survécu. Papa."

La journée se terminera dans un bar, autour d’une bonne sangria bien fraîche et quelques tapas. Ces moments conviviaux passés ensemble n’auront fait qu’enrichir cette journée pleine de souvenirs marquants. Le lendemain, nous avons repris l’avion pour Bordeaux et direction Tarbes pour retrouver la petite famille. J’aurais bien voulu partager ce week-end et ce marathon avec ma femme et mes filles mais elles n’ont pas pu venir à cause de leurs obligations professionnelles et scolaires. C’est mon seul regret dans cette « aventure ».

 

 

Repas "tapas" d'après course
Repas "tapas" d'après course
Accompagné d'un jus de fruit local.... Sangria je crois qu'ils le nomment. hummmmm.
Accompagné d'un jus de fruit local.... Sangria je crois qu'ils le nomment. hummmmm.

Mardi 15/03 au matin : retour au travail. Je ressens un « vide » après ce week-end riche en émotions. Il y a comme un manque… Le remède : réfléchir déjà au prochain marathon et donc à la prochaine destination !   

 Antho.

 

 

 

Le mot du "coach":

la difficulté principale a était de partir presque de zéro. Pas de test VMA ni de longue expérience de la course à pied pour Antho, FCM inconnue (bien que l'on sache qu'elle peut monter "assez haut" de par nos entraînements communs). Par contre nous pouvons nous appuyer sur son solide passé sportif avec la pratique du vélo. Après discussions nous décidons de partir sur un plan d'entrainement en fractionné étalé sur 10 semaines pour un but de 3h30. Le seul élément dont nous disposons est d'un temps de référence de 40mn sur 10km, donc sur papier nous sommes "dans les clous". Reste à voir au fil du temps les ajustements éventuels à emmener selon les sensations, blessures, fatigue....

Le plan se compose en 4 sorties hebdomadaires: 1 de frac court VMA, 1 de frac long seuil, 1 endurance et enfin la sortie "longue" du week-end incluant des phases à allure marathon. Le premier mois est le plus chargé en terme d'intensité et Antho le passe comme une fleur se permettant même 1 "bonne" sortie de vélo par semaine en sus. A titre perso je ressens bien un coup de pompe. C'est difficile.  

Après ceci nous relâchons un peu sur 15 jours pour repartir sur un dernier "bloc" de 90km de course à pied sur une semaine à 15 jours du but.  Là... grosse fatigue et apparition de quelques problèmes physiques. Les deux dernières  semaines sont vouées à la récup avec une grosse coupure tant au niveau de l'intensité que du kilométrage.

Nous arrivons frais au marathon et d'après moi, de ce que j''ai pu en juger les deux derniers mois il me semble qu'Antho peut viser 3h25-3h20... La seule interrogation étant de savoir comment il allait encaisser le fameux mur entre le 30ème et 40ème kilomètre. Donc dernier conciliabule pour la tactique de course définie ainsi: départ prudent pour se chauffer sur 3-4 km, prise de rythme à l'aise jusqu'au 1er semi, ne pas arriver entamé au 30ème et feu patate jusqu'au 42ème!!!!!!!

UN GRAND BRAVO A ANTHONY qui réalise pour son premier marathon et seulement après 7 ou 8 mois de course à pied un temps canon de 3h22. Chapeau bas mister Rouet....... Ou quand l'élève se révèle bien meilleur que le maître (mais bon ça on s'en doutait un peu...). FELICITATIONS.

Pour conclure ce fut un réel plaisir de partager cette aventure à tes côtés. MERCI A TOI pour ton écoute, ta bonne humeur (même sous des trombes d'eau!) et ton savoir vivre de manière générale. VENGA, VENGA!!!!!!!!!!!!!!!!!

Caza.

 

~Anima Sana In Corpore Sano~